Coupe d’Afrique des Nations de Football
Coupe d’Afrique des nations : deux morts dans l’attaque du bus togolais, le Togo abandonne
CAN 2010
samedi 9 janvier 2010
par adi

Le Togo a décidé samedi de rappeler sa délégation à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui s’ouvre dimanche en Angola, après l’attaque du bus de l’équipe nationale togolaise qui a fait au moins deux morts.

Le Togo a décidé samedi de rappeler sa délégation à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui s’ouvre dimanche en Angola, après l’attaque du bus de l’équipe nationale togolaise qui a fait au moins deux morts. "Le gouvernement togolais a décidé de rappeler son équipe. Nous ne pouvons pas continuer dans cette circonstance de drame la compétition de la CAN", a déclaré à Lomé le porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona. "Cela a été nécessaire parce que les joueurs sont sous le choc", a-t-il ajouté.

"Si vous choisissez de quitter la compétition, nous comprendrons votre décision et nous l’accepterons, a dit le président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou, aux joueurs togolais samedi après-midi à Cabinda, selon une déclaration lue par le secrétaire général de la CAF Moustapha Fahmi. La CFA assure ne pas avoir reçu de demande officielle de forfait du Togo. Depuis Cabinda, les footballeurs togolais avaient fait part toute la journée de leur volonté de se retirer du tournoi. Vendredi, leur convoi avait été pris sous le feu de séparatistes pendant 20 longues minutes, alors qu’ils venaient de franchir la frontière du Congo-Brazzaville en Angola.

L’attaque a été revendiquée par un groupe indépendantiste, les Forces de libération de l’Etat du Cabinda-Position militaire (Flec-PM), né en 2003 d’une dissidence du principal mouvement séparatiste, le Front de libération de l’enclave du Cabinda (Flec). L’enclave pétrolifère de Cabinda est le théâtre de violences séparatistes depuis l’indépendance de l’ancienne colonie portugaise en 1975. Coincée entre la République démocratique du Congo et le Congo-Brazzaville, elle est distante d’une cinquantaine de kilomètres du reste de l’Angola.

Le mitraillage a fait au moins deux morts. Le chargé de communication du Onze togolais Stanislas Ocloo et l’entraîneur-adjoint Abalo Amelete ont succombé à leurs blessures à l’aube samedi, selon le porte-parole du Togo désigné par la Confédération africaine de football (CAF). Un précédent bilan délivré par la Fédération togolaise, qui parlait de neuf blessés parmi les joueurs et les officiels de l’équipe, faisait également état de la mort d’un chauffeur. Kossi Agassa, le gardien titulaire togolais, a déclaré sur la radio France Info que les deux décès venaient s’ajouter à celui du chauffeur.

L’autre portier Kodjovi Obilalé, blessé par balles aux reins et à l’abdomen, a été transféré samedi à Johannesburg, la capitale économique de l’Afrique du Sud, où il devait être opéré rapidement. "Il est conscient et dans un état stable", a déclaré le président du groupe médical privé qui détient la grande clinique de Milpark, Dr Richard Friedland, lors d’une conférence de presse. A Luanda, le Premier ministre angolais Paulo Kassoma s’est entretenu avec le président de la CAF, Issa Hayatou, auquel il a affirmé que l’attaque était "un acte isolé" et que la sécurité des équipes était "garantie".

La CAF a maintenu le tournoi et décidé "en parfaite coordination avec les autorités angolaises, de maintenir les matches du groupe B à Cabinda". Dans la capitale, à près de 500 km de Cabinda, la fièvre du ballon rond continuait de monter, à la veille du match d’ouverture, en dépit de la gravité de l’incident. "J’ai mon billet, je serai dans le stade demain !", lançait ainsi Gonclaves Mari, 28 ans, un drapeau angolais autour des épaules. La majorité de la population ignorait tout de l’attaque séparatiste, très minimisée par les médias d’Etat.

Depuis 2006, les autorités de Luanda assurent que l’enclave de Cabinda est pacifiée, après un accord de paix avec un des responsables du Flec, Antonio Bento Bembe. Mais des mouvements portant le même acronyme continuent de revendiquer attaques et enlèvements dans la zone. M. Bento Bembe, devenu ministre des droits de l’Homme, a reconnu samedi dans un entretien à l’AFP que l’armée "avait peut-être sous-estimé le pouvoir de nuisance du Flec". AFP - Luanda, 9 janvier 2010 - 22:47

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