Allemagne : Le plan national prévoit 400 mesures d’intégration
Politique d’intégration du gouvernement fédéral
mercredi 18 juillet 2007
par adi
Le plan national pour l’intégration est prêt. En collaboration avec Länder et communes, associations de migrants et nombre d’autres acteurs privés, le gouvernement fédéral vient d’adopter plus de 400 mesures et engagements volontaires en matière d’intégration.

La chancelière fédérale Angela Merkel a qualifié ce plan d’étape décisive dans l’histoire de la politique d’intégration.

L’Allemagne compte aujourd’hui une quinzaine de millions d’habitants issus de la migration. Les intégrer est la mission de la société tout entière. Les quelque 90 participants au deuxième sommet sur l’intégration, organisé à la Chancellerie fédérale, étaient bien d’accord sur ce point.

Une chose est également claire : l’intégration ne peut se faire sous la contrainte. Elle a besoin de la participation des migrants. "Nous ne parlons plus des migrants, mais nous parlons avec eux", a déclaré Maria Böhmer, déléguée du gouvernement fédéral à la migration, aux réfugiés et à l’intégration, en résumé de la situation. Au nom du gouvernement fédéral, elle a annoncé le relèvement de 600 à 900 du nombre d’heures de cours d’intégration. Des programmes spéciaux sont prévus pour les jeunes et les femmes.

Les associations économiques ont accepté de donner aux jeunes migrants de meilleures possibilités en matière de formation. Un réseau de parrains de formation doit être mis en place pour soutenir les enfants et les adolescents issus de familles de migrants à l’école et pendant leur formation.

De nombreux engagements pris par tous les partenaires sont destinés à améliorer les chances offertes aux femmes et aux filles, et ce, pas seulement sur le plan professionnel. La Fédération est déterminée, par exemple, à lutter contre les mariages forcés. Un soutien sera accordé aux centres de refuge pour migrantes en détresse. Brigitte Zypries, ministre fédérale de la Justice, a souligné le rôle clé des migrantes en tant que mères dans l’intégration de leurs enfants.

Une réussite commune

Le plan national pour l’intégration qui vient d’être adopté couronne une année de travail. Au sein de divers groupes de travail, les participants ont discuté après le premier sommet sur l’intégration en 2006 des moyens qui permettraient d’avancer dans ce domaine. Les actions convenues dans tous les secteurs de la vie publique reposent sur un même principe : "soutien et effort personnel".

L’intégration ne veut pas dire que tout le monde sera pareil", a constaté Mme Merkel. L’objectif de l’intégration est au contraire de donner à tous ceux qui vivent en Allemagne des chances égales d’accès à l’éducation, au développement et à la prospérité. La participation des migrants est indispensable pour y parvenir. À ce propos, la chancelière allemande a cité une jeune participante au sommet : "Je n’ai pas besoin de faire mes adieux à l’endroit d’où je viens pour arriver là où je vais".

Tous les acteurs sont interpellés, à commencer par l’État. La ministre fédérale de la Justice a rappelé dans ce contexte qu’un jeune en formation sur quatre en Allemagne était issu de la migration, alors que les jeunes migrants en formation dans la fonction publique ne représentent que 2 %. Les employeurs publics ont l’intention à l’avenir de donner l’exemple.

Le gouvernement fédéral reste ouvert au dialogue

Juste avant le sommet, quelques associations turques de migrants avaient critiqué la nouvelle loi sur l’immigration. Ces critiques portaient principalement sur la nécessité pour les femmes de migrants de posséder un minimum de connaissances en allemand pour avoir le droit de rejoindre leur mari en Allemagne. Trois associations avaient annoncé leur intention de boycotter le sommet.

Le Bundesrat (Chambre des Länder) avait adopté la nouvelle loi sur l’immigration vendredi. Cette dernière relève, entre autres, à 18 ans l’âge nécessaire pour le regroupement familial des conjoints. On espère ainsi empêcher les mariages forcés et les mariages blancs. Par ailleurs, des connaissances rudimentaires en allemand sont exigées de ces conjoints.

Mme Merkel a rappelé que cette disposition transposait en droit allemand une directive de l’Union européenne qui avait de bonnes raisons d’être. De plus, cette règle n’est pas non plus sans exceptions puisque de telles connaissances linguistiques ne sont pas exigées de ceux qui ne peuvent les fournir pour des raisons personnelles. Elle ne s’applique pas non plus aux migrants pour lesquels "l’effort d’intégration est visiblement peu important", ce qui vaut pour les citoyens originaires de Turquie comme pour tous les autres.

La chancelière fédérale a fait savoir que le gouvernement fédéral maintenait, en dépit de quelques remarques inacceptables, sa "politique de la main tendue". Et elle a insisté sur le fait que les associations qui n’étaient pas assises autour de la table le jour du sommet avaient elles aussi apporté ces mois derniers leur contribution au plan national pour l’intégration.

Il a été décidé d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre du plan national pour l’intégration à l’automne 2008. Source : Source : OFG, juillet 2007

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